| |
| Comme
en atteste l'iconographie (dans laquelle les chefs d'uvre abondent), les
femmes semblent avoir toujours eu des affinités avec les instruments à
clavier - l'orgue excepté pour des raisons évidentes. N'appelait-on
pas " virginals " les épinettes en Angleterre ? La " Reine
vierge ", Elisabeth Ière, en jouait fort bien mais elle n'est pas
à l'origine du terme : celui-ci est antérieur et celle-la reste
inconnue. Autour
de Mozart Dès que les premiers développements du piano
forte, les instrumentistes amateurs ou professionnelles de tout niveau adoptèrent
l'instrument. Il ne pouvait en être autrement : l'instrument à clavier
s'intègre aisément au cadre familial, notamment pour l'accompagnement,
et son jeu astreint à des poses décentes, contrairement à
beaucoup d'autres instruments comme le violoncelle ou les instruments à
vent, telle la clarinette, dont Fétis, encore au siècle dernier,
estimait qu'elle ne pouvait convenir au beau sexe ! Ainsi, en février
1776, Mozart écrivit-il un concerto pour trois pianos (K 242 en fa majeur)
à l'usage de la comtesse Lodron et de ses filles. La partie de la mère
était la plus difficile, celle d'Aloysia, l'aînée des filles
plus aisée et celle de Josepha, la plus petite, à la mesure des
moyens de la cadette. Trois autres figures féminines de pianistes rappellent
Mozart. La première est la sur de Wolfgang, Maria Anna, dite Nannerl
(1751-1829), virtuose et compositrice. Elle abandonna sa carrière lorsqu'elle
se maria en 1784 mais revint au professorat à la mort de son époux
en 1801. Maria Teresia von Paradies 1759-1824) fut une autre grande pianiste de
l'époque ; devenue aveugle très jeune, elle fit une carrière
internationale d'instrumentiste et de compositrice extrêmement brillante.
Mozart, qui l'admirait beaucoup, lui dédia son concerto K 456 en si bémol
majeur. Le troisième personnage est le plus mystérieux puisqu'il
s'agit de Mademoiselle Jeunehomme, une pianiste française que Mozart rencontra
à Salzbourg en janvier 1777 et pour qui il écrivit son concerto
K 271 en mi bémol majeur, tournant décisif de son style. On a beaucoup
glosé (et romancé) à propos de cette rencontre, mais il faut
reconnaître que nous n'en savons rigoureusement rien. |
Fanny
Mendelssohn
| |
| Clavecin
ou piano? A ce tournant du siècle, il ne manque pas de pianistes,
souvent célèbres, dont certaines symbolisent les bouleversements
musicaux
et politiques de l'époque. C'est le cas d'Hélène
de Nervode Montgeroult, épouse du comte de Charnay (1764-1836) qui étudia
avec Dussek et Clementi, joua avec les grands violonistes Baillot, Rode et Viotti
et devint une familière de Madame de Staël. Arrêtée en
septembre 1793, sous la Terreur, elle fut sauvée par Sarrette, le fondateur
du Conservatoire, qui expliqua au Tribunal révolutionnaire qu'en décapitant
l'instrumentiste on priverait la France d'une de ses gloires musicales. Pour s'en
assurer, on fit apporter un clavecin et l'interprétation de la Marseillaise
par l'accusée fut si convaincante qu'on relâcha celle-ci sur le champ.
Hélène de Nervode Montgeroult fut du reste le dernier professeur
de clavecin au Conservatoire de Paris mais son grand uvre reste un magistral
Cours complet pour l'enseignement du pianoforte conduisant progressivement des
premiers éléments aux plus grandes difficultés. Outre
Hélène de Nervode Montgeroult, on citera Marie Bigot de Morogues
(1786-1820), une Alsacienne qui suivit son mari à Vienne où elle
poursuivit une brillante activité de concertiste et où elle fréquenta
Beethoven, Salieri et Haydn, Maria Brizzi Giorgi (1775-1811), de Bologne, qui
fut reçue à la fameuse Accademia Filarmonica mais qui mourut prématurément
en couches ou la fille et élève du compositeur John Park, Marie
Hester (1775-1822). Marie Hester Park, à la fois pianiste, compositrice
et cantatrice, fit ses débuts au concert dès l'âge de dix
ans et fut, comme sa famille, une grande amie de Haydn lors des séjours
de celui-ci en Angleterre. Elle abandonna la carrière musicale lorsqu'elle
se maria en 1815. Des
noms et des prénoms En vérité, et ceci vaut
non seulement pour les pianistes mais aussi pour toutes, interprètes et/ou
compositrices, on compte infiniment plus de femmes dans l'histoire de la musique
qu'on ne l'imagine généralement. Il ne s'agit pas de savoir si les
femmes sont ou non musiciennes, comme en débattent parfois quelques phallocrates
à la courte culture, mais pourquoi on en parle si peu. Certes, et tout
particulièrement au XIXe siècle, il n'était pas facile pour
une femme, surtout si elle appartenait à la bourgeoisie respectable, d'apprendre
la musique et encore moins d'y faire carrière. Il y avait plus de chances
si l'on provenait d'une famille où cet art était pratiqué,
par profession ou avec passion. C'est la raison pour laquelle on trouve, parmi
les pianistes les plus connues de l'époque tant de noms connus
et
de prénoms moins familiers. Julie Candeille (1767-1834), pianiste, mais
aussi écrivain, librettiste, comédienne, harpiste, cantatrice et
compositrice à succès, était la fille de Pierre Joseph Candeille
(1744-1827), dont les uvres avaient été bien accueillies au
Concert Spirituel (mais non, comme leur compositeur l'espérait, sur les
scènes lyriques). Louise Reichardt (1779-1826) avait pour père Johann
Friedrich Reichardt (1752-1814), compositeur, critique et conseiller musical de
Goethe et pour mère la cantatrice Juliane Benda, fille elle-même
du grand violoniste et compositeur Franz Benda (1709-1786). Katerina Kozeluch
(1790-1858), fille de Leopold Kozeluch (1747-1818) et nièce de Johann Kozeluch
(1738-1814), illustrations de l'école bohémienne, triompha dès
l'âge de 15 ans à la cour de Vienne. Sophia Giustina Dussek (1775-1847),
fille de l'éditeur et compositeur romain Domenico Corri, débuta
au piano à quatre ans et épousa en 1792 le pianiste et compositeur
Jan Dussek (1760-1812) puis, à la mort de celui-ci, le violoniste John
Alvis Moralt. Elle fit également carrière de compositeur, harpiste,
cantatrice et pédagogue. En fait beaucoup de pianistes de l'époque
semblent avoir eu des activités multiples. Ainsi, Nadezhda Nukolayevna
Purgold (1848-1919), élève du grand Anton Rubinstein au Conservatoire
de Saint-Petersbourg, y rencontra Nicolas Rimski-Korsakov, qui tomba amoureux
d'elle et l'épousa. Elle étudia également la composition,
ce qui lui permit de mettre au point l'édition de nombreuses uvres
de l'école russe, notamment celles du Groupe des Cinq. |
| Fanny
et Clara Parmi les noms connus, certains le sont encore plus que
d'autres : celui d'une sur, celui d'une épouse qui réussirent
finalement, en dépit des préjugés sexistes, à se faire
une place dans la mémoire des mélomanes
voire dans les catalogues
de disques. On appréciera l'épaisseur de ces préjugés
à ce que le père de Fanny Mendelssohn (1805-1847), sur aînée
de Félix et prodigieusement douée pour le piano, écrivait
à sa fille en 1820 : " " La musique deviendra sans doute pour
lui [Félix]un métier, tandis que pour toi elle ne peut et ne doit
devenir qu'un agrément, et jamais l'élément déterminant
de ton être et de tes actes ; aussi doit-on plus volontiers lui passer l'ambition,
le désir de se faire valoir dans une affaire qui lui semble très
importante parce qu'il la ressent comme sa vocation ; alors que cela ne t'honore
pas moins qu'en pareil cas tu te sois de tout temps montrée généreuse
et raisonnable et que tu aies prouvé, par la joie que procure son succès,
qu'à sa place tu pourrais toi aussi le mériter. Persiste dans cette
disposition et cette conduite, elles sont féminines, et seul ce qui est
féminin fait l'agrément des femmes. " En 1828, Abraham Mendelssohn
revint à la charge : " Tu dois contenir, te rassembler davantage.
Tu dois te former plus sérieusement et plus diligemment à ton propre
métier, le seul métier d'une jeune fille, celui de maîtresse
de maison. " Quelques mois plus tard, Fanny Mendelssohn épousait Wilhelm
Hensel. Par bonheur, Wilhelm était peintre et non pas banquier et il encouragea
(dans la mesure du possible de l'époque) les dons musicaux exceptionnels
de son épouse. Charles Gounod, qu'elle fréquenta à Rome en
1839, lors du séjour de celui-ci à la Villa Médicis, en atteste
dans ses Mémoires : " Madame Hensel était une musicienne hors
ligne, pianiste remarquable [
] Elle était douée de facultés
rares comme compositeur
" |
| |
| En
fait, Fanny Hensel-Mendelssohn composa de très nombreuses partitions de
piano, de musique de chambre et de musique chorale. Mais, on a peine à
l'écrire, Félix, qui adorait sa sur (il mourut quelques mois
après elle) refusa toujours qu'elle les publiât. Mieux, ou pire encore,
dans ses 12 lieder de l'op. 8 (1827), le n° 2 (Das Heimweh ), le n°3 (Italien)
et le n°12 (Suleika und Hatem) ainsi que dans ses 12 lieder de l'op. 9 (1830),
le n° 7 (Sehnsucht), le n°10 (Verlust) et le n° 12 (Die Nonne) sont
de Fanny Mendelssohn ! Friedrich Wieck (1785-1873), illustre professeur de
piano de Leipzig, loin de s'opposer à la carrière musicale de sa
fille Clara, née en 1819, la favorisa avec ce que l'on pourrait appeler
un véritable fanatisme. A onze ans, Clara donna son premier concert au
Gewandhaus et la critique écrivit : " Son jeu n'a rien de forcé
; son exceptionnelle virtuosité relève bien plutôt de l'éclosion
précoce et de l'élan du grand génie musical qui l'habite
". L'année suivante, en 1831, elle publiait ses premières compositions
(quatre Polonaises) et, le 9 novembre 1835, elle interprétait son Concerto
pour piano en la mineur op. 7 sous la direction de Félix Mendelssohn. Mais,
au cours de l'été de l'année précédente, Clara
était tombée follement amoureuse d'un brillant élève
de son père, un certain Robert Schumann. Pendant plusieurs années,
Friedrich Wieck s'opposa au mariage de Clara et de Robert pour des raisons exactement
opposées à celles qui poussaient Abraham Mendelssohn à interdire
l'exercice professionnel de la musique à sa fille : " Pouvez-vous
imaginer ma Clara poussant une voiture d'enfant ? " demandait-il . Faute
du consentement paternel, Clara dut recourir aux tribunaux pour obtenir l'autorisation
de se marier. Il faut bien le reconnaître, Friedrich Wieck n'avait pas
tout à fait tort. Bien que la vie commune avec Robert Schumann et, par
la suite, une chaleureuse amitié avec Brahms, fussent de nature à
entretenir de fructueux échanges artistiques, les soucis du ménage
ne favorisèrent pas les activités de compositrice de Clara qui,
entre 1828 et 1852 écrivit 21 numéros d'opus avant de se consacrer
exclusivement à une carrière de concertiste et de pédagogue.
Clara mourut en 1896. Il n'est pas certain non plus que son mari, Johannes Brahms
et d'autres musiciens de leur entourage (tel le grand violoniste Joachim) aient
toujours profondément encouragé les facultés créatrices
de cette femme exceptionnelle. Le comble du préjugé
En fait, Clara et la plupart des autres musiciennes succombaient elles-mêmes
aux préjugés de leur époque. Certes, il ne manque pas de
femmes, qui firent de brillantes carrières de pianiste dès la première
moitié du XIXe avec la voix, le piano resta longtemps le seul instrument
féminin. Ce - siècle fut le cas de Maria Agata Szymanowska (1789-1831)
qui triompha à la cour de Russie, Louise Farrenc (1804-1875), première
femme professeur de piano au Conservatoire de Paris ou encore Camille Moke (1811-1875)
qui épousa Camille Pleyel, le fils d'Ignace, après avoir été
fiancée à Hector Berlioz -leur rupture fut la cause de la fameuse
échappée de Rome à Nice, rapportée par le compositeur
dans le chapitre XXXIV de ses Mémoires. Toutefois, en général,
leurs uvres, pour appréciées qu'elles fussent, mais souvent
destinées au piano ou à la musique de chambre, étaient considérées
comme des " ouvrages de dames ". On en trouve un exemple a contrario
dans l'uvre d'Augusta Holmès (1847-1903), qui fut incontestablement
la première compositrice de professionnelle (c'est-à-dire tirant
de son métier ses moyens de subsistance). Bien que douée d'un grand
talent de pianiste (et d'une très belle voix), Augusta Holmès refusa
toujours de se produire en dehors de quelques concerts de charité et son
catalogue très ambitieux, où l'on trouve des poèmes symphoniques,
des opéras, des symphonies dramatiques (c'est-à-dire des oratorios),
etc., ne comporte pratiquement aucune pièce pour le piano . Une
figure caractéristique : la professeur de piano En dehors
du concert, une voie demeurait cependant ouverte aux femmes : l'enseignement,
auquel la plupart des pianistes se livrèrent par goût
et souvent
par nécessité. On mettra au premier rang des pédagogues du
siècle dernier Marie Jaëll (1846-1925). Enfant prodige, élève
de Herz et de Moscheles, elle donna ses premiers concerts à neuf ans et
fut l'amie de Liszt avec qui elle passait plusieurs semaines par an à Weimar.
En 1891, Marie Jaëll osa donner pour la première fois à Paris
l'intégrale de l'uvre pianistique de Liszt et, en 1892, celle des
32 sonates de Beethoven. Mais elle se prit de passion pour les techniques d'apprentissage
du piano ; elle développa une méthode naturelle adaptée à
l'anatomie de la main et fondée sur l'économie des mouvements. Son
élève le plus connu fut Albert Schweitzer. On lui doit une dizaine
de traités sur la technique du piano : Le mécanisme du toucher,
Les rythmes du regard et la dissociation des doigts, etc. A un niveau plus
modeste, le professeur de piano devint une figure caractéristique d'une
société où la précarité guettait beaucoup de
femmes seules. Comme les jeunes filles de bonne famille apprenaient surtout les
" arts d'agrément " (il fallut un arrêté en conseil
des ministres pour autoriser la première femme, Julie Daubié, à
subir les épreuves du baccalauréat en 1861), les plus douées
rentabilisaient dans leur âge mûr leurs talents pianistiques en enseignant
à leurs cadettes le minimum de connaissances musicales nécessaires
pour attraper l'indispensable mari. Dans
les deux hémisphères En dépit de toutes les
résistances, une évolution irrépressible était engagée
; en dehors même des pays de l'Europe musicale traditionnelle, concertistes
et/ou compositrices se multipliaient. Maria Teresa Carreño (1857-1917),
petite nièce de Simon Bolivar, était née à Caracas
dans une famille de musiciens et ne tarda pas à témoigner de dons
de pianistes exceptionnels. Sese tournées triomphales l'amenèrent
de New York à Paris et à Berlin, où elle fut applaudie par
Liszt, Louis Moreau Gottschalk et Anton Rubinstein. Elle se maria quatre fois
fois (la troisième avec Eugen d'Albert). Extrêmement célèbre
en son temps (elle est l'auteur de l'hymne national vénézuélien),
elle grava de nombreuses rouleaux de piano mécanique et composa de nombreuses
pièces pour son instrument. Eloisa d'Herbil de Silva, née en 1842,
fille d'un ci-devant français émigré à la Havane,
étudia avec Louis Moreau Gottschalk et fit carrière de concertiste
(et aussi de compositrice) en Argentine où elle mourut à l'âge
de 102 ans en 1944. A l'autre bout du monde, on citera les carrières exceptionnelles
de la Finlandaise Laura Constance Netzel (1839-1866), de la Suédoise Emilie
Homberg (1821-1854) et de la Norvégienne Agathe Backer Grøndahl
(1847-1907). Cette dernière fut l'élève de Hans de Bülow
qui avoua : " Bien que je n'aie pas une idée très haute des
aptitudes du sexe faible pour la composition, je reconnais que les compositions
de Mademoiselle Backer la mettent très au dessus de ses collègues
". On doit à Agathe Backer Grøndahl 150 uvres pour le
piano, des concertos, des études de concert et 250 mélodies. Interprète
célébrée, elle créa le concerto en la mineur de Grieg
sous la direction du compositeur lui-même. On complètera cette palette
géographique par Natalia Janotha (1856-1932), née à Varsovie,
mais de famille persane, élève de Clara Schumann et qui, après
plusieurs tournées triomphales, devint la pianiste officielle de la cour
du Kaiser. Enfin
la parité ? A partir de la fin du XIXe siècle, les
pères commencèrent à réfréner leurs hurlements
quand leur fille leur déclarait vouloir entreprendre une carrière
de pianiste. En 1892, Cécile Chaminade (1857-1944), qui avait fait des
débuts triomphaux en 1885 salle Pleyel , reçut les très officielles
Palmes Académiques. Pourtant, son père avait refusé qu'elle
poursuivit ses études au Conservatoire après y avoir brillamment
réussi, lui accordant néanmoins la faveur de leçons particulières.
On ne peut pas non plus oublier l'incident fameux qui opposa Gabriel Fauré
à Marguerite Long. Celle-ci, qui défendait la musique de piano du
maître avec " la plus idéale perfection ", professeur dans
une classe préparatoire au Conservatoire de Paris, postula à la
classe d'enseignement supérieur laissée vacante par Antoine François
Marmontel à la mort de celui-ci en 1907. Malgré les rapports amicaux
et musicaux qu'il entretenait avec Marguerite Long et son mari, Gabriel Fauré,
directeur du Conservatoire s'y refusa absolument. La brouille s'enflamma et ne
tarda pas à prendre l'allure d'une querelle de nature sexiste. Sans gommer
totalement cet aspect des choses, Jean-Michel Nectoux, dans son Gabriel Fauré
(Flammarion, 1990) rappelle que Fauré préférait pour ce poste
Alfred Cortot à Marguerite Long et que les prétentions de cette
dernière à une sorte de co-propriété sur son uvre
pianistique l'irritaient quelque peu. S'il n'en est pas de même, on
le sait, pour la direction d'orchestre, la bataille des femmes semble aujourd'hui
pratiquement gagnée en ce qui concerne le piano. Et l'on aimerait mettre
cette victoire sous l'invocation de Germaine Tailleferre au moment où les
uvres pour piano de cette compositrice (qui fut aussi une excellente pianiste)
font l'objet d'un enregistrement intégral et où leurs qualités
insignes sont enfin reconnues. Remercions Jean Cocteau, avec l'absence de préjugés
et la largeur de vues qui le caractérisaient, d'avoir réalisé
la parité dans l'histoire de la musique : Auric,
Milhaud, Poulenc, Tailleferre, Honegger, J'ai mis votre bouquet dans l'eau
du même vase, Et vous ai chèrement tortillés par la base,
Tous libres de choisir votre chemin en l'air. |
| | |
| | |
|